20 mars 2007

Des fraises rouges de honte

Ah les fraises, qu'est-ce que c'est bon; Dégustées par une belle journée d'été à la terrasse ensoleillée d'un resto, avec une grosse boule de glace vanille et un chouyas de crème Chantilly déposé délicatement sur ces fruits des beaux jours… Et justement, je me suis souvent demandé d'où pouvaient bien provenir celles que l'on retrouve dans nos supermarchés et autres "épiceries du coin" et cela même au cœur de l'hiver ? Et puis la terrible réponse m'est venue un jour, alors que je surfais au hasard des vents du WEB : Dans le sud de l'Espagne, 5.000 hectares sont consacrés à la culture fraisière, empiétant sur une des zones humide les plus remarquables d'Europe, le parc Doñana, qui couvre une surface de 100.000 hectares, qui abrite plus de 300 espèces de vertébrés et où près de 500.000 oiseaux viennent chaque années passer l'hiver. Or, l'énorme quantité d'eau nécessaire afin d'amener les fraises à maturité est telle que les forages permettant leur irrigation on déjà réduit les apports d'eau douce de moitié dans le sanctuaire voisin, menaçant ainsi non seulement le fragile équilibre écologique de cette magnifique région mais également les producteurs eux-mêmes. De plus l'utilisation massive de produits chimiques tels que des engrais, artificiels pour la plupart, des fongicides mais aussi des pesticides dont l'un d'entre eux a pourtant été interdit par l'Union Européenne (Bromure de méthyle) en font un des fruits les plus contaminés par les résidus toxiques*. Ajoutez à cela une production importante de déchets plastiques (4.500t/an), la pollution engendrée par les camions qui d'un côté acheminent la tourbe (compost naturel) importée des pays baltes notamment et de l'autre ceux qui livrent la marchandise à travers le continent et puis sans oublier l'exploitation des ouvriers provenant en grande partie d'Afrique du nord et d'Europe orientale… Donc, du coup j'évite les fraises et tous les produits frais qui en dérivent (Tartes et autres gâteaux) pour ne pas encourager ce genre de pratiques et attends patiemment la nouvelle "collection été" des fraises de Wépion (Sud de la Belgique) bien plus savoureuse.

*D'après une étude menée par la Food and Drug Administration (USA) en 2001 sur 100.000 échantillons de 46 fruits et légumes.

2 commentaires:

Master-B a dit…

D'où la nécessité de la démarche écologique, c'est à dire de bon sens: si l'agriculture biologique n'est pas toujours exempte de critique, il faudrait être de mauvaise foi pour nier qu'elle limite de beaucoup les pollutions des zones humides et les déchets non biodégradables. Par ailleurs, la démarche écolo, c'est aussi accepter qu'on est en hiver et que les fraises poussent au milieux du printemps! Manger des fraises françaises par exemple, en fruit de saison, c'est pas être ntaionaliste, c'est réduire les cultures en serres chauffées au pétrole, réduire les dépenses d'énergie en matière de transport...

Anonyme a dit…

Je suis bien d'accord avec ça. J'évite aussi d'acheter des fraises en hiver et j'attends plutôt l'été. Mais malheureusement, tout le monde ne fait pas ça, et certains ne s'en privent pas...ce qui est vraiment dommage.